Roland Garros 1975
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Evert-Navratilova : prémices d’un duel éternel
Au début des années 70, le tennis féminin n’a pas la cote. Le public boude ostensiblement ces rencontres : jeu trop lent, technique trop faible, suspense absent. Pis, le circuit féminin se déchire. En 1974, Billie Jean King, Evonne Goolagong et Margaret Smith-Court sont exclues de Roland Garros pour avoir eu l’outrecuidance d’intégrer la WTT (World team Tennis, un circuit professionnel fermé). Cette même année, le public parisien est néanmoins heureux de retrouver le talent et le charme de la jeune Chris Evert. Finaliste en 1973, l’Américaine, fille d’un joueur de tennis professionnel, remporte l’édition 1974 sans coup férir face à la Soviétique Olga Morozova (6-1, 6-2). Elle possède tous les coups du tennis. Son jeu de fond de court parfait lui permet de flirter avec les lignes. Sans muscles saillants mais avec une science du jeu et un jeu de jambes précieux, l’Américaine assoit rapidement son autorité sur le circuit. Sa romance avec le joueur Jimmy Connors la rend très rapidement populaire aux yeux du grand public. Une jeune femme venue de l’Est vient bientôt venir titiller sa suprématie. Martina Navratilova est la face inversée de Chris Evert. Robuste, attaquante effrénée, la Tchécoslovaque mise tout sur sa puissance. Une opposition de style qui fait le bonheur des 13 000 spectateurs du court central qui assistent en 1975 à la première grande finale sur terre battue entre Evert et Navratilova. Une très grande finale. Très vite Martina Navratilova imprime un rythme d’enfer à la rencontre en se ruant dès que possible au filet. Chris Evert, peu familière de ce style de jeu très offensif alors si rare sur le circuit cède la première manche (2-6). Durant la seconde manche, le deuxième jeu d’une longueur interminable est remporté par l’Américaine qui retrouve son passing de coup de droit. Un tournant du match. Chris Evert qui a pris l’ascendant psychologique sur son adversaire déploie toute la panoplie de son talent et revient à un set partout. Les lobs dont elle a le secret font mouche. La Tchécoslovaque continuellement au filet voit passer les balles. Impuissante. Chris Evert gagne facilement la dernière manche (6-1). Le public est conquis. Le tennis féminin a enfin trouvé ses lettres de noblesse. Chris Evert et Martina Navratilova, reines des courts, vont trôner pendant plus d’une décennie sur le tennis mondial. Que de beaux duels en perspective…
